Tabouré Baba est mort sans avoir jamais vu la couleur de sa retraite. À la suite d'un accident du travail, il s'est avéré que les services sociaux lui devaient un véritable pactole, l'accident ayant eu lieu une trentaine d'années plus tôt. Seulement voilà, le travailleur immigré Baba Tabouré n'était pas très instruit, ni très futé, à en juger par sa propension à déchirer tous les courriers qu'il recevait des organismes gérant sa retraite et son accident du travail. De fait, tout ce qu'il lui restait à faire fut d'aller provoquer des esclandres dans les bureaux des services en question.

Précision utile : les enfants de Tabouré Baba (présents en France mais vivant dans un autre département) ont découvert, un jour, que leur père avait été placé sous curatelle par un juge sans qu'eux-mêmes en aient été avertis. L'homme n'était pas idiot ni gaga et s'exprimait dans un français tout à fait correct et personne au sein de sa famille n'avait jamais réclamé quelque placement en curatelle que ce soit. Le fait est que la curatelle faisait de lui un sous-citoyen, dont les comptes en banque étaient désormais gérés par un curateur, ses enfants (adultes) n'ayant jamais eu la moindre nouvelle de la part dudit curateur. Pour des raisons indépendantes de notre volonté, nous avons perdu tout contact avec la famille Tabouré, et l'on se doute bien que les ayants-droits de ce malheureux auront le plus grand mal à obtenir la moindre réparation des dommages subis par leur père. Cette histoire sordide méritait d'être mise sur la place publique, car il y en a plein d'autres de la sorte. Un ouvrage est en préparation sur tous ces "ploucs" méthodiquement malmenés par diverses institutions de ce beau pays qu'est la France. (Lire)

Et c'est là qu'on en vient à s'interroger sur tous ces ouvriers et travailleurs précaires pas toujours bien informés, que l'Administration fait lambiner des années durant, en attendant qu'ils crèvent. Imaginez un peu tous ces retraités décimés par le Covid19 sans avoir touché leur retraite, au motif du sempiternel "il manque un document à votre dossier !", astuce classique à laquelle ont recours tous les gredins de ces organismes censés être au service du public que sont les rectorats d'Académie, l'ex-Pôle Emploi (qui tente de masquer ses turpitudes passées en changeant continûment de nom), sans oublier la fameuse CNAV.

Car il n'y a pas que les retraités. Vous avez aussi les chômeurs, les travailleurs précaires de l'Éducation nationale (embauchés en septembre, leur premier salaire tombe vers mars/avril de l'année suivante sous la forme d'un rappel de sept-huit mois !) et autres victimes de malversations commises par rien moins que des organismes gouvernementaux !

Tiens, saviez-vous qu'il pouvait y avoir des agents véreux au sein d'organismes comme la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse (CNAV) ?

La Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) a été au coeur d’une vaste tentative d’escroquerie contre des VIP fortunés… Entre janvier 2014 et son interpellation, en avril 2015, un employé de l’agence de Créteil (Val-de-Marne) a mis en place un stratagème visant à détourner les pensions de retraite de plusieurs dizaines de personnalités, pour la plupart très riches, en usurpant leur identité et en multipliant les demandes de changements d’adresse. Objectif ? Faire atterrir les versements de leurs pensions sur plusieurs comptes bancaires au Cameroun, où ces retraités avaient prétendument établi leur nouveau domicile. (Source)

 

Citation :

Parmi les réserves qui ont accompagné la certification des comptes 2020 de la Sécurité sociale, la Cour des comptes pointe les trop nombreuses erreurs concernant le calcul des pensions de retraite. (...) Sur les 831 000 prestations nouvellement attribuées ou révisées en 2020, une sur six comportait au moins une erreur, dans les trois quarts des cas en défaveur de l’assuré, indique la Cour. Et cette proportion monterait à une sur cinq dans certaines caisses de retraite. (Source)

Sinon, voyez le petit échantillon de messages ci-dessous, dénichés sur des forums de discussion.

Je suis pour ma part ultra-déçue du comportement des rectorats. J'ai 43 ans, eu une vie professionnelle dans le livre et ai repris mes études (thèse) il y a un moment. Je suis contractuelle en Lettres (LC et LM) et Histoire-Géo, le rectorat ne se donne même pas la peine ni de répondre aux messages, ni de prévenir quand ils nous "affectent" dans des collèges improbables!! Qui sommes-nous donc? Question existentielle pour dissimuler une vraie humiliation de devoir faire un job en lieu et place d'un prof et être traitée comme une quantité ultra-négligeable. Aujourd'hui je suis hyper en colère. Au fait, je suis dans l'académie de...

.../...

Je reçois un appel, la dame de Pôle Emploi me demande de lui fournir « le protocole de la rupture d'un commun accord » et pas « l'attestation destinée à pôle emploi ». Étant sur le marché du travail depuis seulement 1 an, pour moi, c'est un peu du chinois.

Mais je n'ai PAS signé de « protocole », mon ancien employeur m'a seulement donné l'attestation, et c'est TOUT ! La dame à insisté, à me répéter toujours la même chose : « Sans ce protocole, votre demande est toujours rejetée...blablablabla »

J'essaye de lui expliquer que je n'ai jamais eu ce document, que je ne suis pas la fautive de l'histoire, je ne connaissais même pas l'existence de ce papier... Je lui demande si il y a possibilité de faire ce papier avec mon ancien employeur, elle me répond froidement « ahah bah non ! C'est trop tard madame ! »

Alors voilà, je n'ai définitivement pas le droit à mon chômage, tout ça car je n'ai pas fourni un document inexistant...

Qu'il s'agisse de travailleurs précaires traités comme du bétail par l'Éducation Nationale, de chômeurs maltraités par Pôle-Emploi, ou de retraités spoliés par la CNAV et passant l'arme à gauche avant d'avoir touché leur pension, les exemples sont légion de ces petites gens victimes des oukases d'organismes non pas privés mais bien publics contrôlés par l'État.

Mais revenons à la CNAV. Nous savons, de source sûre, que moult ressortissants africains, viet-namiens, voire de pas mal d'autres pays, sont en ce moment-même rentrés dans leur pays d'origine pour tenter de récupérer un improbable document, à savoir un acte de naissance de moins de trois mois, délivré par l'officier d'état civil de leur localité de naissance. Et ce n'est pas une blague !

Il se trouve que le cas de Tabouré Baba, évoqué plus haut, lequel résidait au Centre d'Hébergement et de Réinsertion Sociale du pôle social de l'Hôpital de Nanterre nous a incités à en savoir plus sur la situation de ses congénères, ce qui nous a permis de rencontrer moult seniors, dont beaucoup de résidents des foyers de l'ex-Sonacotra, dont un bon nombre étaient (voire sont) partis qui en Afrique du Nord, qui en Mauritanie, au Sénégal, à Madagascar, au Vietnam..., pour tenter d'y récupérer un improbable acte de naissance établi dans leur localité de naissance.

Comme on peut le constater, la technique des gredins au sein de l'Administration est généralement la même : vous faire le coup du dossier incomplet : "Il manque une pièce à votre dossier !". Vous allez envoyer le document une fois, deux fois, X fois..., mais on va vous le réclamer, encore et encore, moyennant des changements, le tout durant plus de dix ans, jusqu'à ce que vous disiez : Stop ! Jugez-en vous-mêmes.

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Nanterre 2008. Une copie de votre acte de naissance délivrée par l’officier d’état civil de votre lieu de naissance… nom des parents

Nanterre 2010. Une copie de votre acte de naissance délivrée par l’officier d’état civil de votre lieu de naissance… nom des parents

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Nanterre 2017. Du nouveau : 1) Acte de naissance 2) Passeport (document ne servant qu’à franchir des frontières) en cours de validité, mais pas le titre de séjour exigible de tout étranger ?
Paris 2017 (!!!). Vous ne nous avez pas fourni la 2nde pièce : le passeport. Quant à l’acte de naissance, pas assez lisible (un texte manuscrit parfaitement calligraphié !!!!)

"En ce qui concerne l'acte de naissance récent, il vous a été demandé dans la mesure où il serait plus lisible que le document original" que voici, en abrégé. Difficile à déchiffrer n'est-ce pas ?

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Encore du nouveau. CNAV Paris, 14 mars 2019. Votre caisse CNAV de référence (Nanterre) ayant cessé de vous réclamer quoi que ce soit, c'est désormais la CNAV Paris qui vous mène en bateau, et voilà que la liste des documents à fournir s'allonge brusquement.

cnav

 

Encore du nouveau. CNAV Paris, 28 mars 2019. Et on en revient au sempiternel acte de naissance de moins de trois mois...

cnav

Désormais conscient d'être la victime d'une magouille, vous vous fendez d'une mise en demeure par lettre recommandée A.R. à la CNAV Paris, ce qui vous vaut de recevoir cette réponse (cf. documents ci-dessus et dessous), assortie d'un faux en écriture flagrant, sur lequel nous reviendrons tantôt.

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Trois courriers seront nécessaires, entre 2016 et 2019, dont une mise en demeure par recommandé A.R., pour que ladite commission de conciliation daigne se réunir et vous débouter, en s'asseyant allègrement sur sa propre règlementation. Notez que deux des courriers de la CNAV affichés ci-dessus proviennent de la succursale parisienne, nullement concernée par un dossier géré (exclusivement, ce sont les statuts de l'organisme) par la CNAV des Hauts-de-Seine.

cnav
La référence de votre doossier est votre numéro de Sécurité sociale... Votre dossier sera traité par ... 92000 Nanterre.

C'est pas mal de temps plus tard que notre quidam se remémore le document ci-dessus et se demande ce que la CNAV-Paris est venue faire dans un dossier qui n'est pas de son ressort, chose que la soi-disant "commission de conciliation" balancera sous le tapis. Mais il y a autre chose.

Il se trouve qu'en plus d'une décennie de réclamations portant sur l'acte de naissance, puis le passeport, puis un acte de naissance de moins de trois mois, puis la carte d'identité nationale ET le passeport ET le titre de séjour, une information n'a jamais été réclamée à notre candidat à la retraite : les coordonnées bancaires.

Étonnant non ? La Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse vous invite à compléter votre dossier de retraite et, durant plus de dix ans, les réclamations ne mentionnent à aucun moment les coordonnées lui permettant de vous verser la retraite à laquelle vous avez droit. C'est pas beau ça ?

Rubrique "Sans blague !" Un coup d'oeil sur un site en ligne (AG2R) et l'on a la liste des documents à fournir dans son dossier de retraite, à savoir un justificatif d'identité - et non trois ! - prouvant l'indentité du requérant, ainsi que ZÉRO acte de naissance de moins de trois mois, plus l'indispensable Relevé d'Identité Bancaire, jamais réclamé par les gredins de la CNAV.

cnav
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Et que fait-on quand on réalise qu'on est en train de se faire rouler dans la farine par des gredins ? Dans un premier temps, on se dit que si ces margoulins sont capables de s'en prendre à quelqu'un d'instruit, alors qu'est-ce que ça doit être avec de malheureux travailleurs migrants sachant à peine lire et écrire et n'étant pas au fait des procédures administratives et judiciaires, à l'instar de l'infortuné Tabouré Baba, évoqué plus haut.

Histoire de mettre fin à la litanie des réclamations, vous adressez à la CNAV un courrier recommandé A.R. en la mettant en demeure de vous fournir des précisions, notamment sur l'ingérence de la succursale parisienne sur un dossier traité à Nanterre. Le courrier est réceptionné par la CNAV le 10 mai 2019 et sa réponse est datée du... 7 mai 2019 ! Seulement voilà, vous avez récupéré in extremis l'enveloppe imprudemment balancée dans une corbeille à papier, et sur cette enveloppe figure la date d'expédition de la réponse de la CNAV : 13 mai 2019. La date du 7 mai 2019 constitue, donc, une grossière antidatation passible du tribunal correctionnel.

cnav
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Des gredins capables des pires turpitudes, voilà le genre de guignols à qui l'on confie l'accompagnement à la retraite de personnes âgées dans un pays qui se targue d'être à l'origine des Droits de l'Homme. Quelle déchéance !

Précision utile : compte tenu de son activité passée, notre pré-retraité a été amené à commettre un deuxième dossier pour sa retraite complémentaire et destiné à l'organisme AGIRC-ARRCO. Le gestionnaire privé, contrairement à la CNAV, n'ayant réclamé NI acte de naissance NI passeport, juste un justificatif d'identité. Le fait est que le dossier traité par l'Agirc-Arrco a été bouclé en moins de deux mois.

retraite

 

Dans les faits, le problème est simple à résumer, moyennant notamment une question : la réclamation d'un acte de naissance, dont le contenu figure déjà sur le numéro INSEE - voire d'un document de moins de trois mois - établi par un officier d'état civil de la commune de naissance, et d'un passeport en cours de validité - mais pas du titre de séjour (pourtant impératif, s'agissant d'un ressortissant étranger !) - s'adresse-t-elle (titre de séjour excepté) à tous les futurs retraités, français (de souche) inclus, ou uniquement à des ressortissants étrangers présumés peu instruits, donc facile à gruger via l'arnaque du dossier impossible à compléter ?

Dans le second cas, nous serions en face d'une discrimination ciblée en raison de l'origine géographique ou ethnique, discrimination pratiquée sournoisement par une - voire plusieurs - officines gouvernementales. Toujours est-il qu'en ce moment-même, nous savons de source sûre que les ressortissants de divers pays d'Afrique, d'Asie et d'ailleurs sont partis dans leur pays d'origine tenter de quérir un hypothétique "acte de naissance de moins de trois mois" parfaitement inutile et, parmi eux, des sujets forcément âgés, souvent malades, voire illettrés.

C'est vous dire la gravité de la chose et la raison-même de la confection de ce blog, dont l'adresse sera communiquée en temps utile à bon nombre d'agence et d'organes de presse, sur papier ou en ligne.

Ce scandale doit cesser !

Comme l'on dit en anglais : Wait and see !

 

 

 

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